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Médiation en santé au service des malades et des professionnels de santé

Ikambere anime des permanences hospitalières pour améliorer l’accueil et la prise en charge des malades, en particulier ceux en situation de précarité, et créer du lien entre eux et les professionnels de santé.


Par Ikambere

Les bénéficiaires

Pour les personnes isolées, en situation de précarité, le suivi médical est souvent un enjeu secondaire face à l’urgence des situations auxquelles elles font face (absence de ressources et de logement, isolement extrême, exil…). L’égalité de l’accès aux droits, à la prévention et aux soins, dont le cadre est bien défini en France notamment grâce à l’assurance maladie universelle, ne sont pas toujours pleinement effectifs. D’autant plus que les personnes précarisées sont souvent perdues face à la complexité de certaines démarches administratives. Plus spécifiquement, concernant les personnes vivant avec le VIH,  même si la prise en charge médicale a connu de grandes évolutions, les malades sont toujours isolés, la peur est constante et le renoncement aux soins est fréquent. Dans le même temps, les équipes soignantes et sociales des services hospitaliers (médecins, infirmiers, assistants sociaux) sont en demande de solutions pour humaniser la relation entre patients et professionnels de santé.

Dans ce contexte, Ikambere développe des actions de médiation en santé afin de lutter contre les exclusions et tenter de rétablir une égalité dans l’accès à la prévention et aux soins. Ces permanences sont destinées aux malades qui viennent en consultation à l’hôpital de jour et ceux hospitalisés dans les services de maladies infectieuses. Elles sont ouvertes à tous les malades et aux aidants qui souhaitent s’informer et échanger autour de leur pathologie et du parcours de soin. Sur le terrain, elles sont surtout fréquentées par les malades isolés, à la recherche d’écoute et de conseils dans leurs démarches (prise de rendez-vous, discussion autour du traitement…).

Le projet

Le programme de médiation en santé d’Ikambere a pour but d’améliorer la prise en charge médicale et sociale des patients et de mener des actions de sensibilisation, de prévention et d’orientation auprès des populations les plus éloignées du système de santé. Né en 2001 avec une première permanence à l’hôpital Rothschild AP-HP, il a été étendu auprès de 12 équipes médicales en Ile-de-France. 

La médiation entre patients et personnel médico-social lors des permanences hospitalières a de nombreux intérêts et permet notamment :

  • aux patients de sortir de l’isolement, de faire face à la maladie, de mieux comprendre leur pathologie et d’adhérer aux traitements ;
  • d’améliorer la prise en charge et l’accompagnement en favorisant notamment une meilleure compréhension et une meilleure relation entre le personnel soignant et les malades ;
  • d’offrir un espace de parole et de convivialité aux malades, aux aidants et aux soignants (par exemple pour aborder des questions qu’ils n’osent pas poser aux médecins) ; 
  • de soutenir les professionnels de santé dans la prise en charge des patients ; 
  • de collaborer avec les services sociaux des hôpitaux afin de trouver des solutions aux problèmes sociaux ou administratifs que les patients rencontrent et qui peuvent entraver leur suivi médical et l’observance de leurs traitements (logement et hébergement, droits sociaux, régularisation…).

Concrètement, les permanences ont lieu une fois par semaine dans chaque hôpital concerné où un espace dédié est prévu pour les médiatrices de l’association. Ces dernières accueillent, autour d’une boisson chaude et d’une collation, toute personne souhaitant échanger et obtenir des informations. Les malades et leurs aidants peuvent y parler librement de la maladie et de leur quotidien, bénéficient d’actions de sensibilisation et de promotion de la santé (sur des sujets comme l’adhésion aux traitements, l’hygiène de vie, l’activité physique, la coïnfection…), et les plus précaires sont orientés et conseillés pour une prise en charge sociale adaptée. À la demande du médecin ou du patient, la médiatrice peut assister aux consultations, peut également accompagner le patient chez l’assistant social de l’hôpital, ou encore, sur demande, fournir un soutien nutritionnel aux personnes hospitalisées. Enfin, l’association participe aux réunions des professionnels médico-sociaux des hôpitaux afin de rendre compte du travail effectué par les médiatrices et d’élaborer ensemble une stratégie de travail d’équipe.

La structure

L’association Ikambere a été fondée en 1997. Son nom vient du Kinyarwanda (langue du Rwanda) et signifie “maison d’accueil”. Ikambere est en effet d’abord un centre d’accueil de jour, situé à Saint-Denis (93), qui accompagne les femmes vulnérables touchées par le VIH/Sida.

Les principales missions de l’association sont : l’éducation à la santé (prévention secondaire, éducation thérapeutique…) ; l’insertion sociale et professionnelle ; l’action auprès de la population générale pour le maintien et l’amélioration de la santé (médiation, sensibilisation, dépistage, orientation) ; le partage d’expertise pour améliorer les pratiques professionnelles en matière de santé. 

Dans le cadre de ses actions hors les murs (permanences hospitalières, dépistage…), l’équipe accompagne plus globalement des personnes éloignées du système de soins, en situation de précarité. 

L’expertise d’Ikambere en matière de médiation en santé est reconnue et diffusée auprès d’autres acteurs du secteur médico- social. L’un de ses enjeux est de développer ses actions pour créer des permanences dans un plus grand nombre d’hôpitaux. 

 

Les médiatrices en santé à l’hôpital donnent la parole aux sans voix, apportent un soutien moral à des patients et patientes isolés, face à une souffrance intime.
Bernadette Rwegera
Fondatrice et Directrice

Ce qui nous a convaincus

  • Un projet d’humanisation du parcours de soin, grâce aux médiatrices en santé, véritables       « traits d’union » entre les patients et les soignants, facilitatrices, douces, rassurantes, compétentes.
  • Un savoir-faire pointu sur les femmes et le VIH, la précarité et le VIH, la santé sexuelle… mais également une capacité à « faire savoir ».
  • Un soutien moral essentiel, chaleureux et inconditionnel, permettant une liberté de parole sans jugement, un accès à la santé, à l’information et à la prévention, tout au long du parcours de soin, et même après.

Idées clés

Domaines d'action

Accès à la santé

Parcours de soin

Prévention

Durée du soutien

2019 - 2020

Lieux

11 hôpitaux à Paris et région parisienne (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne)

1 Centre Départemental de Prévention et de Santé (CDPS) en Seine-Saint-Denis

Chiffres clés

6200 personnes ont découvert leur séropositivité en France en 2018
5 médiatrices en santé en 2019
388 permanences en santé en 2019
3288 entretiens individuels en 2019